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Milliardaire au grand coeur
(09/07/2008)

BRUXELLES Le milliardaire russe Suleiman Kerimov, un des hommes les plus riches du monde, qu'un avion médicalisé de l'armée belge avait rapatrié de Marseille après son accident en 2006 lors duquel il avait été grièvement brûlé, a versé, hier, un million d'euros sur le compte de Pinocchio, l'asbl des enfants brûlés proche de l'hôpital militaire de Neder-over-Heembeek. L'asbl vient en aide à 300 enfants brûlés.

Hier matin, le compte Dexia de l'asbl détenait le montant normal de 140.000 €. En fin d'après-midi, le président de l'asbl constatait que le magnat du pétrole, classé 72e fortune mondiale (avec 7,5 milliards de dollars selon le magazine Forbes ), avait tenu ses promesses. "En effet, je vois beaucoup de zéros", disait Martin Margodt, un président heu-reux !

Il y a dix jours, M. Kerimov rachetait pour 400 millions d'euros de nouvelles actions Fortis. Des observateurs écrivaient déjà que le Russe intervenait par gratitude d'avoir été soigné en Belgique. C'est le même M. Kerimov encore qui, l'an passé, avait avancé les 50.000 € qui avaient accéléré la libération d'un Belge du Brabant wallon détenu depuis plusieurs mois au Bénin !

Bref, riche idée que celle d'André Flahaut, alors à la Défense, d'avoir autorisé l'armée à aller chercher M. Kerimov après son accident au volant d'une Ferrari Enzo à Nice sur la Promenade des Anglais.

Un million d'euros, c'est le triple du budget annuel de l'asbl Pinocchio. Avec 300.000 €, celle-ci ne pouvait offrir que 15 cures thermales à Spa dans un centre spécialisé, au lieu des 300 nécessaires. À la différence de l'Allemagne et des Pays-Bas, ces soins à l'efficacité pourtant prouvée, ne sont pas pris en charge en Belgique. Grâce au don de M. Kerimov, les 300 enfants pris en charge par l'asbl pourront en profiter.

"Je n'ai jamais rencontré M. Kerimov ou du moins, je ne lui ai jamais parlé. À l'époque où il était soigné à l'HM, je me souviens qu'on s'est croisé dans les couloirs. Mais on ne s'est rien dit : ce n'est pas dans nos habitudes de demander de l'argent. Il y a 6 mois, je lui ai pourtant envoyé un exemplaire du petit journal que nous éditons. Je n'ai entendu parler de rien jusqu'il y a 15 jours. Des collaborateurs m'ont contacté. Ils m'ont fait part de son intention. C'était sa façon de remercier notre pays. Sincèrement, j'aimerais le rencontrer et le remercier. J'aimerais qu'on sache néanmoins que pour nous, tous les dons, de 10 comme de 100 €, ont leur importance." (http://www.vzw-pinocchio-asbl.be).


Gilbert Dupont

© La Dernière Heure 2008

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